Le trois-cylindres 1.2 PureTech souffre de deux défauts structurels bien documentés : la courroie de distribution immergée dans l’huile qui se désagrège prématurément, et une surconsommation d’huile liée à la conception des segments et de la ventilation carter. Nous détaillons ici les versions précises à écarter, les critères de tri réels sur le marché de l’occasion, et les motorisations de remplacement crédibles.
Buse de refroidissement défectueuse : le défaut PureTech que les acheteurs récents ignorent
La plupart des guides se concentrent sur la courroie humide des blocs produits avant juin 2022. Le problème, c’est que les PureTech atmosphériques plus récents ne sont pas épargnés. Stellantis a lancé une campagne de rappel concernant des buses de refroidissement défectueuses sur des véhicules produits entre octobre 2022 et octobre 2024. L’intervention consiste en une vidange et un remplacement du filtre à huile, sans remplacement systématique de la buse elle-même.
Ce rappel montre qu’un PureTech post-2022 n’est pas automatiquement exempt de risque. Nous recommandons de vérifier systématiquement le numéro VIN auprès du réseau Stellantis, y compris sur un véhicule récent.
PureTech 1.2 turbo avant juin 2022 : le bloc à écarter en priorité

Les versions turbocompressées (110 ch, 130 ch, 155 ch) produites entre 2014 et fin juin 2022 concentrent l’essentiel des sinistres. La courroie de distribution baigne dans un bain d’huile selon un principe de lubrification censé réduire le bruit et l’usure. En pratique, la courroie se détériore, ses fibres contaminent le circuit d’huile, et des débris finissent par colmater la pompe à vide du système d’assistance au freinage.
Les conséquences vont de la casse moteur pure à l’allongement des distances de freinage, ce qui a provoqué deux campagnes de rappel massives. Stellantis a étendu la garantie à dix ans ou 175 000 km depuis mars 2024, mais cela ne couvre que le remplacement préventif de la courroie, pas un moteur déjà endommagé.
Modèles et marques concernés par la courroie humide
Le problème touche cinq marques du groupe Stellantis. Les modèles les plus diffusés sont les Peugeot 208, 2008, 308 et 3008, les Citroën C3, C3 Aircross, C4 et C5 Aircross, les DS 3 Crossback et DS 7, ainsi que certains Opel Corsa, Crossland et Grandland. Un modèle Toyota (Proace City) est également touché.
- Peugeot 208 II, 2008 II, 308 III, 3008 II en PureTech 130 et 155 : plages de production 2014 à fin juin 2022
- Citroën C3 III, C3 Aircross, C4 II/III, C5 Aircross en PureTech 110 et 130 : même plage
- DS 3 Crossback et DS 7 Crossback en PureTech 130 et 180 : vérifier le VIN et la date exacte de fabrication
- Opel Corsa F, Crossland X, Grandland X équipés du 1.2 turbo PSA : souvent oubliés, pourtant identiques mécaniquement
Les PureTech atmosphériques 75 ch et 82 ch : moins critiques, pas irréprochables
Les versions atmosphériques (sans turbo) de 75 et 82 ch partagent le même bloc 1.2 trois-cylindres, mais leur courroie de distribution est classique (sèche). Elles échappent au défaut de courroie humide. La surconsommation d’huile reste toutefois signalée sur certains exemplaires, et la campagne de rappel sur les buses de refroidissement les concerne aussi.
Un PureTech atmosphérique récent reste un choix plus sûr qu’un turbo d’avant 2022, à condition de vérifier l’historique d’entretien et le statut des rappels.
Critères de tri sur le marché de l’occasion PureTech
Le vrai critère de tri ne se limite plus à la date de production. Certaines sources techniques recommandent désormais de croiser la date de fabrication, le type de courroie (humide ou sèche), le suivi des rappels effectués et le niveau réel de consommation d’huile entre deux vidanges.

- Exiger le carnet d’entretien complet avec preuve du remplacement de la courroie si le véhicule dépasse cinq ans ou 100 000 km
- Vérifier via le VIN si le véhicule a fait l’objet des deux campagnes de rappel courroie et de la campagne buse de refroidissement
- Mesurer la consommation d’huile sur un essai long (minimum 500 km) : un appoint fréquent entre deux vidanges signale un problème de segments ou de ventilation carter
- Privilégier les exemplaires dont la courroie a déjà été remplacée dans le cadre de l’extension de garantie Stellantis
La production du PureTech à l’ancienne architecture a été arrêtée à l’usine de Douvrin. Les moteurs les plus critiqués deviennent donc un sujet de stock décroissant sur le marché de l’occasion.
Alternatives au PureTech : quelles motorisations privilégier
Pour un acheteur qui cherche un véhicule du groupe Stellantis en essence, les PureTech produits après juin 2022 avec la nouvelle architecture de distribution constituent la première option. Le bloc a été repensé en profondeur et les retours sur les millésimes récents sont nettement plus favorables.
En dehors du groupe Stellantis, le 1.0 TSI de Volkswagen (dans sa version la plus récente, post-2020) et le 1.0 EcoBoost de Ford offrent des prestations comparables en cylindrée et en consommation. Nous observons que ces blocs trois-cylindres turbo ont aussi connu leurs propres défauts de jeunesse, mais leur fiabilité à moyen terme est mieux documentée sur les générations actuelles.
Pour ceux qui veulent sortir du trois-cylindres turbo, les motorisations hybrides 48V ou full-hybrid sur base 1.6 (comme le 1.6 Hybrid 136 présent chez Peugeot et Citroën) offrent un compromis intéressant. Le bloc 1.6 quatre-cylindres n’est pas concerné par les défauts du 1.2 PureTech.
Indemnisation Stellantis : ce qui a changé en 2025
L’approche de Stellantis sur la prise en charge a évolué vers une indemnisation centralisée depuis février 2025, après un dispositif lancé en Belgique en mai 2024. Des avocats réclament désormais des indemnités significatives par automobiliste concerné. Ce volet juridique est à surveiller pour tout propriétaire ayant subi une casse moteur ou des réparations lourdes hors garantie.
Le point à retenir : conservez toutes les factures d’entretien et de réparation liées au moteur PureTech. Elles constituent la base de toute demande d’indemnisation, qu’elle passe par le réseau Stellantis ou par une procédure collective.


