Le contrôle technique moto repose sur une grille de plus de soixante-dix points répartis en neuf fonctions. Reproduire cette grille chez soi à l’identique est impossible (pas de banc de mesure, pas de céléromètre), mais nous pouvons couvrir la majorité des points de contrôle technique moto avec un outillage courant et un peu de méthode. Voici les vérifications qui comptent vraiment, classées par ordre de priorité technique.
Niveau sonore et échappement : le piège le plus fréquent au contrôle technique moto
La ligne d’échappement concentre une part significative des défaillances majeures. Nous recommandons de commencer par là, parce que c’est le poste où l’écart entre perception du pilote et mesure réelle est le plus grand.
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La réglementation CT moto intègre une tolérance de +5 dB par rapport à la valeur inscrite en rubrique U.1 de la carte grise. Sortez votre carte grise, repérez cette rubrique : elle indique le niveau sonore homologué à l’arrêt. Si vous roulez avec un pot aftermarket, vérifiez qu’il porte bien un marquage « e » suivi d’un numéro d’homologation. Un silencieux sans marquage ou avec une chicane amovible retirée entraîne quasi systématiquement un refus.
Contrôlez visuellement l’état de la ligne complète : collecteur, joints de raccord, silencieux. Une fissure sur un collecteur ou un joint de pot qui fuit modifie le niveau sonore et constitue une défaillance. Passez la main le long des soudures, moteur froid, pour détecter toute trace de suie noire qui trahit une fuite.
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Freinage moto : contrôler l’usure au-delà du simple coup d’oeil

L’inspecteur vérifie l’ensemble de la fonction freinage : disques, plaquettes, durites, étriers, niveau de liquide, témoin ABS. Chez soi, nous pouvons couvrir chaque élément avec un pied à coulisse et une lampe.
- Mesurez l’épaisseur des disques avant et arrière au pied à coulisse. L’épaisseur minimale est gravée sur le disque lui-même (mention « MIN TH » ou équivalent). Un disque sous cette cote, c’est une défaillance majeure.
- Vérifiez les plaquettes de frein : le témoin d’usure (rainure centrale) doit rester visible. Si la garniture affleure le support métallique, le remplacement s’impose avant le passage au CT.
- Inspectez les durites et flexibles de frein sur toute leur longueur. Recherchez craquelures, gonflements, traces de suintement au niveau des raccords banjo. Une durite qui suinte, même légèrement, sera relevée comme défaillance.
- Contrôlez le niveau de liquide de frein dans le bocal maître-cylindre avant et arrière. Le niveau doit se situer entre les repères MIN et MAX. Un liquide très foncé signale une contamination par l’humidité, ce qui dégrade le point d’ébullition.
Si votre moto dispose d’un ABS, mettez le contact sans démarrer : le témoin ABS doit s’allumer puis s’éteindre. Un témoin qui reste allumé indique un défaut du système, et ce défaut sera relevé au contrôle.
Direction, suspension et jeu dans les roulements
La fonction direction est souvent négligée lors des préparations maison, alors qu’elle représente un bloc de points de contrôle dense. Placez la moto sur une béquille d’atelier, roue avant décollée du sol.
Tournez le guidon de butée à butée. Le mouvement doit être fluide, sans point dur ni crantage. Un crantage en position centrale trahit des roulements de colonne de direction endommagés. C’est une défaillance majeure qui impose un remplacement avant le CT.
Saisissez la fourche par les tubes plongeurs et tirez/poussez dans l’axe longitudinal : aucun jeu ne doit se faire sentir. Vérifiez aussi l’état des joints spi de fourche. Une trace d’huile sur les tubes ou les plongeurs signale une fuite de fourche, relevée en défaillance.
Roulements de roue et bras oscillant
Roue avant toujours en l’air, saisissez-la par le haut et le bas, puis tentez de la faire basculer latéralement. Le moindre jeu perceptible pointe vers un roulement de roue usé. Répétez l’opération sur la roue arrière et sur l’axe du bras oscillant.

Éclairage et signalisation : chaque feu, chaque témoin
La fonction feux et dispositifs réfléchissants couvre un nombre élevé de points. Nous recommandons de procéder feu par feu, avec un assistant ou en utilisant un mur comme surface de projection.
Feu de croisement, feu de route, feu de position avant et arrière, feu stop (actionné par les deux commandes, levier et pédale), clignotants (fréquence de clignotement régulière, pas de hyper-flash), éclairage de plaque. Un seul feu défaillant suffit à déclencher une contrevisite.
Vérifiez aussi la conformité des optiques : un phare fissuré, un cabochon de clignotant cassé ou un catadioptre manquant constituent des défaillances. Les catadioptres latéraux sont obligatoires sur les véhicules qui en étaient équipés d’origine.
50 cc et cyclomoteurs : le contrôle de vitesse au banc
Depuis mars 2026, les contrôles techniques des cyclomoteurs 50 cc incluent une mesure de la vitesse maximale réelle au céléromètre. Un véhicule censé être bridé à 45 km/h mais dépassant cette valeur lors du test reçoit automatiquement un CT défavorable.
Chez soi, nous ne disposons pas d’un banc, mais le raisonnement est simple : si le variateur, le pot ou la transmission ont été modifiés par rapport à la configuration d’origine, le véhicule sera probablement recalé. Remettre les pièces d’origine (galet de variateur, pot homologué, kit chaîne ou courroie de série) est la seule préparation fiable sur ce point.
Conformité de l’identification et documents à préparer
L’inspecteur commence par la fonction identification : numéro de cadre lisible et concordant avec la carte grise, plaque d’immatriculation conforme (fixation, lisibilité, format). Un numéro de cadre corrodé au point d’être illisible entraîne un refus.
Passez un chiffon imbibé de dégrippant sur la zone de frappe à froid du cadre. Si les caractères restent illisibles après nettoyage, un professionnel peut parfois les faire ressortir par micrograttage, mais cela ne relève plus de la préparation maison.
Dernier point souvent oublié : la concordance entre la carte grise et l’état réel du véhicule. Un guidon bracelet monté sur une moto homologuée avec un guidon droit, un saute-vent retiré alors qu’il figure sur le certificat de conformité, ou des rétroviseurs non homologués peuvent poser problème. Toute modification visible doit correspondre à ce que la carte grise décrit.
La meilleure check-list reste celle que vous adaptez à votre machine : parcourez les neuf fonctions (identification, freinage, direction, visibilité, feux, essieux/roues/pneus, châssis, équipements, nuisances) en cochant chaque point, et concentrez votre budget sur les postes que vous ne pouvez pas vérifier seul, comme le niveau sonore précis ou la géométrie de cadre.


