Des milliers de roues silencieuses glissent chaque jour sur l’asphalte, changeant le visage des déplacements urbains. Les trottinettes électriques n’ont pas attendu l’avis général pour s’imposer, mais la loi, elle, veille désormais au grain. Face à la multiplication des usages, les pouvoirs publics ont tiré un trait net : l’ère du « tout est permis » est terminée. Désormais, chaque utilisateur doit composer avec un arsenal de règles précises, nées pour canaliser cet engouement fulgurant.
Derrière ce cadre légal, l’ambition est claire : préserver la sécurité des usagers, mais aussi celle des piétons. La réglementation s’attaque à plusieurs fronts : vitesse limitée, équipements de sécurité obligatoires, circuits de circulation balisés. Maîtriser ces règles, c’est éviter une contravention, mais aussi rouler avec l’assurance de ne pas mettre autrui en danger.
Définition et classification des trottinettes électriques
Trottinettes électriques, monoroues, gyropodes ou hoverboards : ces engins sont regroupés sous l’appellation engins de déplacement personnel motorisés (EDP motorisés). Leur point commun ? Une mobilité urbaine accélérée, qui bouscule les habitudes, mais qui exige un encadrement rigoureux pour assurer la sécurité de tous.
Les différents types d’EDP motorisés
Pour mieux comprendre qui est concerné, voici les familles d’EDP motorisés que la loi encadre :
- Trottinettes électriques : elles incarnent le mode de déplacement urbain par excellence.
- Monoroues : une roue unique pour se faufiler en ville.
- Gyropodes : souvent utilisés pour de courtes distances et faciles à prendre en main.
- Hoverboards : prisés pour les loisirs, ils s’inscrivent aussi dans cette catégorie.
Chacun de ces engins partage des caractéristiques de base, mais les différences techniques justifient une réglementation spécifique par type. Il suffit de passer quelques minutes en centre-ville pour constater que la trottinette électrique s’est imposée comme l’outil privilégié du dernier kilomètre.
Pourquoi cette classification ?
En définissant précisément les EDP motorisés, les autorités clarifient les règles du jeu : circulation, équipements, responsabilités. Cette approche permet d’ajuster les exigences selon les spécificités techniques, offrant ainsi une meilleure protection aux usagers tout en assurant la cohérence des contrôles.
Règles de circulation et voies autorisées
Le Code de la route ne laisse aucune place à l’improvisation pour les EDP motorisés. Les textes de référence, comme les décrets du 1er septembre 2023 et du 23 octobre 2019, détaillent les voies autorisées et les comportements attendus.
Voici comment la circulation s’organise pour les EDP motorisés :
- Pistes cyclables : la règle d’or reste de privilégier ces voies lorsqu’elles existent. Les flux sont mieux séparés, les conflits d’usage limités.
- Voies vertes : hors agglomération, ces itinéraires dédiés aux mobilités douces sont à privilégier pour un déplacement plus serein.
- Routes : en l’absence de pistes cyclables, les trottinettes électriques sont tolérées sur certaines routes, à condition que la limitation soit fixée à 50 km/h maximum. Prudence et vigilance s’imposent alors.
Interdictions et restrictions
Impossible d’ignorer les interdits : rouler sur les trottoirs expose à une amende, sauf si la trottinette est poussée à la main. Les voies rapides et autoroutes restent hors d’atteinte pour ces engins. Côté vitesse, la limite fixée à 25 km/h s’applique partout, et le moindre dépassement peut coûter cher. Les règles sont strictes, sans marge d’interprétation.
Zones de circulation spécifiques
Les mairies disposent d’une latitude pour encadrer plus finement les usages. Certaines villes imposent des zones de stationnement dédiées, limitent la vitesse dans les espaces piétons ou fixent des créneaux horaires précis. Avant de s’élancer, un détour par les arrêtés municipaux s’impose pour éviter toute mauvaise surprise.
Équipements obligatoires et recommandés
Utiliser une trottinette électrique ne s’improvise pas, surtout en matière d’équipements. Plusieurs éléments sont non négociables pour circuler dans les règles et assurer la sécurité de tous :
- Feux de position et dispositifs rétro-réfléchissants : ces équipements garantissent la visibilité, notamment de nuit ou par temps gris. Les feux avant et arrière doivent fonctionner et rester allumés en permanence lorsque vous roulez.
- Système de freinage performant : un arrêt maîtrisé dépend directement de la qualité du freinage. C’est un critère incontournable pour tout modèle mis sur le marché.
- Avertisseur sonore : pour prévenir les autres usagers, il doit être opérationnel à tout moment.
- Casque : le port du casque est imposé aux moins de 12 ans et recommandé pour tous. Une chute sur la chaussée n’est jamais anodine, et les secours rappellent l’efficacité du casque à chaque accident évité.
- Interdiction des écouteurs et casques audio : l’écoute de musique ou de podcasts sur l’engin nuit à la vigilance et expose à des sanctions automatiques.
- Assurance responsabilité civile : l’assurance n’est pas facultative ; elle couvre les dégâts causés à autrui. Relisez votre contrat pour vérifier qu’il inclut bien l’usage d’une trottinette ou d’un autre EDP motorisé.
Sanctions et responsabilités en cas d’infraction
Le dispositif légal autour des trottinettes électriques ne cesse de se renforcer. Le non-respect des règles expose à des sanctions immédiates, dont le montant varie selon la gravité du manquement :
- Emprunter le trottoir à roulettes : 135 € d’amende, sans discussion possible.
- Rouler sans feux ou avertisseur sonore : 11 € d’amende.
- Dépasser les 25 km/h : 35 € d’amende, et la répression ne faiblit pas.
La souscription à une assurance responsabilité civile ne relève pas du simple conseil. En cas de sinistre impliquant un tiers, elle protège contre des poursuites et des indemnisations qui peuvent grimper très vite. Omettre cette formalité, c’est risquer de transformer un accident anodin en gouffre financier.
La responsabilité ne s’arrête pas aux seules infractions. Un accident survenu alors que l’utilisateur portait des écouteurs, ou un casque audio, alourdit la sanction et peut limiter l’indemnisation. Les textes rappellent qu’un engin motorisé exige une attention permanente à l’environnement.
Les collectivités locales, elles aussi, serrent la vis. Certaines villes multiplient les restrictions, imposent des périmètres interdits ou limitent sévèrement le stationnement. Tout manquement est passible de sanctions, et la tolérance tend à disparaître.
Circuler en trottinette électrique, c’est désormais choisir la vigilance. Les règles sont précises, les contrôles fréquents, et la moindre inattention peut avoir des conséquences lourdes. L’époque de l’improvisation touche à sa fin : la rue n’est plus un terrain de jeu, mais un espace partagé où chaque roue compte.



