L’Union européenne prévoit l’interdiction de la vente de voitures thermiques neuves dès 2035, tout en accordant une dérogation aux carburants de synthèse. L’Agence internationale de l’énergie signale que la demande mondiale de biocarburants a progressé de 6 % en 2023, principalement en Asie et en Amérique latine. Les investissements industriels se multiplient malgré le coût élevé des technologies émergentes et l’incertitude réglementaire persistante.Des filières entières s’organisent autour de la production de carburants alternatifs, soutenues par des politiques publiques et des alliances inédites entre pétroliers, agriculteurs et start-up spécialisées. Les perspectives restent contrastées selon les filières et les régions.
Face à l’urgence climatique, pourquoi repenser nos carburants ?
La transition énergétique s’impose désormais comme un enjeu de taille pour les transports. Les carburants fossiles, toujours ultra-dominants, continuent de peser lourd dans la balance des émissions de gaz à effet de serre. Désormais, la Commission européenne trace la voie : encadrer la réduction des émissions de CO2 et accélérer le développement de carburants alternatifs pour viser la neutralité carbone en 2050. Difficile de faire plus pressant. Le secteur du transport est sommé de se réinventer, sans attendre.
Dans ce contexte, biocarburants et e-fuels se positionnent comme les fers de lance d’un changement profond. Leur objectif : remplacer peu à peu les énergies fossiles et décarboner la mobilité. En France comme en Allemagne, la dynamique s’accélère, portée par des mesures publiques, des investissements massifs et la volonté de multiplier les sources d’énergie. L’Union européenne a inscrit dans la loi l’arrêt des moteurs thermiques neufs en 2035, tout en conservant une marge pour les carburants de synthèse.
Un panorama rapide permet de distinguer les principales familles émergentes :
- Biocarburants : issus de la biomasse, de résidus végétaux ou de déchets organiques, ils permettent une réduction nette de l’empreinte carbone dans les transports.
- E-fuels : carburants synthétiques conçus à partir d’électricité bas-carbone, d’hydrogène et de CO2 capté, compatibles avec les véhicules thermiques déjà en circulation.
Grâce à ces carburants alternatifs, le secteur peut réellement envisager une baisse notable des émissions, même si obstacles techniques, économiques et environnementaux persistent. Le défi est immense, entre innovations technologiques, adaptations réglementaires et engagement industriel. Miser sur la diversité s’avère la seule voie réaliste : aucun acteur ne pourra transformer la mobilité à lui seul.
Biocarburants et e-fuels : quelles différences, quels atouts ?
Les biocarburants et les e-fuels incarnent deux stratégies différentes pour remplacer les carburants fossiles et avancer vers des transports plus propres. Leurs points communs : une volonté de réduire la dépendance au pétrole et un objectif partagé de limiter les émissions de CO2. Mais leur origine, leurs procédés et leurs usages tracent des chemins distincts.
Les biocarburants prennent racine dans la biomasse : restes végétaux, huiles usagées, déchets organiques, parfois même graisses animales. Leur diffusion ne se limite plus aux véhicules routiers : l’aviation s’y met aussi, avec le SAF (Sustainable Aviation Fuel), produit selon le procédé HEFA, ou le gazole XTL-HVO, qui s’adapte parfaitement aux moteurs diesel classiques. Autre illustration concrète : le BioGNV, obtenu par méthanisation des déchets, déjà utilisé pour faire rouler camions et bus tout en assainissant l’air urbain.
Les e-fuels, ou carburants de synthèse, reposent sur une recette totalement différente. Leur élaboration combine de l’hydrogène obtenu grâce à de l’électricité bas-carbone et du CO2 capté, via des procédés comme Power-to-Liquid ou Fischer-Tropsch. Résultat : des carburants qui conviennent aux moteurs thermiques existants et ouvrent des perspectives inédites autant pour l’automobile que pour l’aviation.
Voici les principaux atouts de chaque famille :
- Les biocarburants misent sur le recyclage et offrent une réduction immédiate de l’empreinte carbone.
- Les e-fuels promettent une neutralité carbone, à condition de reposer sur une électricité vraiment renouvelable et un captage efficace du CO2.
La richesse des carburants renouvelables et la variété de leurs méthodes de production témoignent d’un secteur en pleine ébullition. Chaque solution vise à accélérer la transition énergétique sans sacrifier ni la performance, ni la mobilité.
Défis techniques et environnementaux : où en sont les carburants renouvelables ?
Le développement massif des carburants renouvelables se heurte à des obstacles bien réels. Produire du SAF ou du BioGNV à grande échelle oblige à trancher des choix technologiques et à gérer scrupuleusement les ressources disponibles. Les procédés comme le HEFA, qui permet de transformer huiles usagées et graisses animales en carburant pour l’aviation, ou la méthanisation des déchets organiques pour obtenir du BioGNV, dépendent étroitement de la disponibilité de matières premières et de l’efficacité des filières de collecte.
Du côté des carburants de synthèse, que ce soit via le procédé Fischer-Tropsch ou le Power-to-Liquid, la donne change : il faut une électricité bas-carbone abondante et un captage performant du CO2. Des projets pilotes émergent, à l’image de Siemens Energy au Chili ou des initiatives de Porsche et Audi. Mais pour l’instant, la production reste confidentielle face à la demande colossale du transport routier et aérien.
Enjeux environnementaux et limites actuelles
Voici les principales limites rencontrées aujourd’hui :
- La production de SAF et de BioGNV reste très en deçà des besoins du secteur.
- L’exploitation des ressources, qu’il s’agisse de terres agricoles, de déchets ou d’électricité renouvelable, interroge sur la viabilité à long terme de ces filières.
- Le rendement énergétique, du puits à la roue, varie fortement selon les procédés employés et la provenance des intrants.
La transition énergétique des transports avance, portée par l’innovation mais aussi par une régulation stricte. La Commission européenne veille à la réduction des émissions de CO2 et pousse à l’adoption d’alternatives. Les grands groupes industriels, TotalEnergies, Air France, Safran, accélèrent le pas. Pourtant, la généralisation des carburants alternatifs reste à bâtir.
Vers un futur plus propre : quelles perspectives pour les transports de demain ?
L’avenir des transports routiers et du transport aérien s’annonce sous le signe du renouvellement, porté par l’arrivée de carburants inédits. La transition énergétique prend forme, sous l’impulsion de l’Union européenne qui programme la fin de la commercialisation des moteurs thermiques dès 2035. Une échéance qui redessine le secteur automobile et oblige constructeurs et industriels à multiplier les pistes.
Biocarburants et e-fuels se positionnent en alternatives crédibles pour décarboner la mobilité, côtoyant la montée en puissance des véhicules électriques et de l’hydrogène. En France, le BioGNV, le SAF pour l’aviation et les biocarburants participent activement à cette mutation. L’Allemagne, elle, insiste sur la nécessité de maintenir la porte ouverte aux carburants de synthèse au-delà de 2035. Les approches diffèrent selon les pays, dessinant un ensemble bigarré de choix industriels et politiques.
Le chemin sera semé d’embûches : chaque technologie, de l’électricité bas-carbone aux carburants de synthèse en passant par le BioGNV, a ses propres exigences et contraintes. L’adaptabilité des infrastructures, la gestion des ressources et la maîtrise des coûts restent des sujets sensibles. Mais la mobilisation est réelle. Air France mise sur le SAF pour plusieurs de ses vols. TotalEnergies investit dans la filière carburants alternatifs. Les industriels retravaillent leurs moteurs, anticipant la future réglementation et la nouvelle demande.
Ce tournant ne se jouera pas uniquement dans les laboratoires ou les usines : il passera aussi par la capacité à articuler innovations, politiques publiques et adhésion des citoyens. La feuille de route se dessine : conjuguer diversification, baisse des émissions de gaz à effet de serre et garantie d’une mobilité fluide. Reste à imaginer : à quoi ressemblera une autoroute silencieuse, traversée par des véhicules propres, dans vingt ans ?



